Coordination

Nadine Fink, Haute école pédagogique du canton de Vaud
Sylvain Doussot, Nantes Université
Marc-André Ethier, Université de Montréal
David Lefrancois, Université du Québec en Outaouais


Texte de cadrage

Beaucoup de travaux didactiques s’intéressent à des enjeux de transposition des savoirs à enseigner en mettant en relation ce qui se fait en histoire scolaire et à quoi cela réfère dans le monde savant. D’autres recherches ont documenté les savoirs pour enseigner, sous l’angle psychologique ou dans des champs tels que la didactique professionnelle (Vinatier 2013). Elles ont la particularité de considérer les questions pédagogiques séparément des spécificités des savoirs.

Comme d’autres perspectives de recherche telles que les Lesson study (Clivaz, 2018), nous souhaitons mettre au travail cette dichotomie qui, « d’un point de vue didactique, […] est impensable » (Vanhulle, 2009, p. 260). En enquêtant auprès d’enseignants et de futurs enseignants, il s’agit de participer à la construction de savoirs pour la profession enseignante en suivant la proposition de Hofstetter et Schneuwly (2009) : « ceci implique que la profession construise des savoirs pour enseigner qui prennent pour objet ces savoirs à enseigner » (p. 21).

Pour y parvenir, les contributions documenteront les savoirs que les enseignants mobilisent pour faire leurs choix pédagogiques. Si les savoirs sur les contenus (historiographiques) et sur les pratiques disciplinaires savantes (épistémologiques) sont relativement bien documentés, ils sont rarement mis en rapport avec les savoirs des enseignants sur l’apprentissage. C’est donc le rapport entre historiographie, épistémologie et théories d’apprentissage qu’il s’agit d’explorer. L’historiographie et l’épistémologie renvoient aux savoirs (faits, concepts et capacités) en jeu dans les situations d’enseignement-apprentissage en question, tandis que les théories d’apprentissage rendent compte des effets d’apprentissage des activités de classe, que ces activités soient implicites ou explicites, conscientes ou inconscientes.

Ces savoirs professionnels n’étant pas directement accessibles, l’objectif des contributions consiste d’abord à récolter ou produire et interpréter des données susceptibles de fournir des traces de ces rapports entre savoir à et pour enseigner. Il s’agira de décrire les représentations qu’ont les enseignants de leurs choix, tels que les choix de consignes, supports, et modalités de travail de la classe, ainsi que de leur propre rôle, notamment en les interrogeant (entretiens, autoconfrontation, mémoires professionnels…). Il pourra s’agir également d’observer les pratiques sous l’angle des descripteurs qui cadrent ce symposium.


Liste des références bibliographiques

Clivaz, S. (2018). Les Lesson Study : un dispositif collaboratif de formation-recherche qui se développe en Europe. Dans J.-L. Dorier, G. Gueudet, M.-L. Peltier, A. Robert et E. Roditi (dir.), Enseigner les mathématiques: Didactique et enjeux de l’apprentissage (pp. 483-486). Belin.

Hofstetter, R., et Schneuwly, B. (2009). Introduction. Savoirs en (trans)formation. Au coeur des professions de l’enseignement et de la formation. Dans Rita Hofstetter et Bernard Schneuwly (dir.) Savoirs en (trans)formation. Au cœur des professions de l’enseignement et de la formation (p. 7‑40). De Boeck.

Vanhulle, S. (2009). Dire les savoirs professionnels : Savoirs de référence et logiques d’action. In Savoirs en (trans)formation. Au coeur des professions de l’enseignement et de la formation (Rita Hofstetter et Bernard Schneuwly (dir.), p. 245‑264). De Boeck.

Vinatier, I. (2013). Le travail de l’enseignant. Une approche par la didactique professionnelle. De Boeck.


Coordinateurs et coordinatrices

Marc-André Éthier, Université de Montréal ; David Lefrançois, UQO ; Vincent Boutonnet, UQO ; Kevin Péloquin, Université de Montréal ; Catherine Déry, Université de Montréal ; Audrey Bélanger, UQTR ; Alexandre Lanoix, Université de Montréal ; Lyonel Kaufmann, HEP Vaud ; Diane Hartmann, HEP Vaud ; Aurélie De Mestral, HEP Vaud ; Etienne Honoré, HEP Vaud ; Sylvain Doussot, Nantes Université ; Nadine Fink, HEP Vaud ; Elise Guenoux, Nantes Université ; Lucie Gomes, Université de Limoges ; Denise Bentrovato, KU Leuven ; Evi Belsack, Université Libre de Bruxelles.